La Sélection Courts Métrages

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23H37

CHARLINE TOULZA


Nécessairement influencée par de nombreux films culte, rewatch obligatoires d’Halloween tels que Scream (1996) ou encore les Griffes de la nuit (1984), Charline Toulza reprend les codes de l’horreur avec subtilité et nous fait vivre une soirée qu’on aimerait tous pouvoir éviter. Un groupe de cinq amis s'incruste chez la famille Schneider, là où Jennie, une des filles du clan, fait du baby-sitting. Leur but ? Passer la soirée d’Halloween ensemble autour d’un bon film et d’une bonne dose de frissons. Très vite, la réalisatrice nous fait aimer ses personnages. On y retrouve : le couillon, la stressée, le pro du cinéma, la connaisseuse en esprit, et celle qui est toujours partante pour tout, en voilà une belle brochette ! Suspendus à leurs lèvres, nous vivons avec eux leurs chamailleries et leurs querelles. Après tout, pour se faire peur, tous les prétextes sont bons. Mais, dans cette ambiance lumineuse acidulée, il ne fait, en réalité, pas tout beau tout rose. C’est en s’aventurant au-delà de la porte de la chambre de l’enfant que Jennie garde que les ténèbres s'invitent. Se déroule alors une séquence finale saisissante, signant la qualité, à la fois, du travail sonore, du montage, et surtout, du maquillage pour créer l’effroi tant convoité.

Claire Gosset

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Dysperceptible

MANON DEBIA

Le handicap reste une thématique peu abordée au travers des formats courts. Dans Dysperceptible, Manon Debia observe sa cousine Zoé à travers l’objectif de sa caméra, une jeune adolescente, atteinte de troubles dys. Par ce geste, elle met en lumière les difficultés que Zoé rencontre dans son quotidien et dans la construction de sa vie future. La réalisatrice mélange des moments de vie intime dans l’appartement familial avec des brides de vie quotidiennes de Zoé, au lycée ou à l’orthophoniste. Ces instants s’entrecroisent pour révéler les difficultés que l’adolescente a rencontrées dans son histoire personnelle. De plus, Manon Debia associe et croise sa propre histoire avec celle de sa cousine, elle aussi devant faire face à des troubles similaires. Cette association crée une symbiose et une sororité forte, par laquelle chacune parvient à s’épanouir. 


Anaëlle Bezin

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Idylle

CORALIE LEMIRE

Idylle, de Coralie Lemire, c’est l’histoire d’une rencontre qui commence comme un rêve : deux jeunes tombent amoureux. Tout paraît léger, évident, presque parfait. Mais derrière cette façade se glisse peu à peu quelque chose de plus sombre. La tendresse se transforme en recherche du contrôle, l’amour en jalousie, et la paranoïa finit par étouffer tout le reste. Lemire, avec une précision remarquable, donne à sa mise en scène une certaine force en parvenant à nous entraîner dans un récit semblant simple aux premiers abords, pour mieux nous surprendre dans un final qui laisse sans voix. En quelques minutes seulement, elle installe une véritable tension, un rythme qui accroche, et nous donne surtout l’impression que l’on vient de voir bien plus qu’un court-métrage : une expérience qui reste en tête passé le générique de fin.


Lucas Borgne

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Meurtre au mini-golf

THIBAULT PATTEUW 

En s’amusant à détourner les codes des émissions télévisées criminelles comme Faites entrer l’accusée, Meurtre au mini-golf brille par son montage. En effet, une narratrice, filmée en plan fixe, nous raconte l’histoire d’une après midi qui tourne mal et chacune de ses phrases est illustrée par un plan sur un groupe de trois amis. Le ton “premier degré” des explications du meutre crée un contraste absurde vis-à -vis de la situation banale (une simple sortie entre amis) et cela rend l’ensemble du court métrage particulièrement drôle. Les effets comiques jouent sur le principe du décalage. Les musiques “friendly” (We are golden de Mika en tête) et les gros plans sur les visages souriant, détonnent avec le sujet grave du meurtre. Le montage apporte un certain rythme avec une succession de plans de coupe, notamment sur une fontaine, afin de susciter l'intérêt du spectateur jusqu’à la résolution finale. Le film offre même la chance de pouvoir choisir une fin alternative. Ce côté interactif nous plonge d’autant plus dans l’histoire et rend le visionnage ludique. Meutre au mini-golf est une comédie originale dont le minimalisme de la mise en scène (deux décors, une narratrice) arrive à nous faire rire tout en captant notre attention tout au long du fil de l’intrigue. 


Thomas Dequidt 

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Petits Poi(d)s Récalcitrants

ALICE BENOIT 

Une femme souhaite ouvrir un pot de petis pois. À partir de ce postulat de départ minimaliste, la réalisatrice Alice Benoit propose un court-métrage dynamique sans aucun temps mort. Par le fait de transformer cette simple ouverture d’un bocal en verre en mission, voir en véritable combat, le film a l’excellente idée d’utiliser un langage visuel propre aux jeux vidéos dans lequel on retrouve barre de vie, musique 16-Bit et animations de coups portés… Si ces effets sont aussi intéressants, c’est qu’ils viennent en soutien d’une esthétique visuelle déjà forte de sens. L’éclairage, le sens du cadrage, les costumes et les décors semblent tout droit tirés du début des années 1990, comme provenant de l’un des premiers films de Pedro Almodovar. Référence directe aux jeux-vidéos qu’il reproduit, ce souhait de plonger le film dans une esthétique passée est d’autant plus souligné par le format 4/3 que l’on utilisait à l’époque pour pouvoir y jouer. En réfléchissant habilement entre les liens opérés entre son fond et sa forme, Petits Poi(d)s Récalcitrants se révèle être un vrai bon shot de cinéma, 4min d'adrénaline qui suffiront à vous insuffler une véritable nostalgie ! 


Florent Ringot  

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Playlist

LOUIS SAVARY et FLORENT RINGOT 

De Piège de cristal à The Artist, Playlist se révèle être une mine de références cinématographiques. En pastichant des scènes cultes, il nous plonge dans la tête du personnage principal, persévérant dans ses envies de remakes de films. Hanté par cette réplique récurrente “As-tu vu la playlist ?”, le spectateur oscille entre le rêve et la réalité au fil de séquences iconiques rejouées dans les moindres détails: la reproduction du conduit étroit dans lequel se retrouve Bruce Willis, le déguisement des Monty Python et même un passage complet muet et en noir et blanc tiré de The Artist. Les effets de répétition où nous retrouvons les mêmes personnages dans un rôle et un univers différent forment une boucle narrative, mélangeant diverses époques et brouillant nos repères temporels. De ce chaos naît une comédie absurde dans laquelle certaines œuvres se rencontrent par hasard. Playlist est un véritable film dans le film où le quatrième mur finit par se briser.


Manon Debia